Exhibitions , Paris

Arseniy Zhilyaev : M.I.R.: New Paths to the Objects

Arseniy Zhilyaev : M.I.R.: New paths to the objects

18 janvier – 30 mars, 2014  

Performance tous les samedis, entre 17h et 18h
(à l’exception du 18 janvier et du 1er février, remplacés par les dimanches 19 janvier et 2 février ; et le 15 février remplacé par le jeudi 13, 18h)
Les danseurs Jean Capeille et Olivia Lioret interpréteront Propositions pour les sculptures vivantes de l’ensemble paysager «La Bataille de la Place Bolotnaya», co-chorégraphiées avec Arseniy Zhilyaev

Samedi 18 janvier, à 17h
Visite de l’exposition en présence d’Arseniy Zhilyaev
Samedi 22 mars, à 17h
Visite commentée de l’exposition

Pour son exposition à la Fondation Kadist, Arseniy Zhilyaev fonde un musée anti-utopique de l’histoire contemporaine russe. Le titre joue sur la polysémie du mot « mir », qui en Russe signifie à la fois  « paix » et « monde », et serait l’acronyme de « Musée d’Histoire Russe ».
Arseniy Zhilyaev poursuit ici ses réflexions sur l’institution muséale envisagée comme lieu de légitimation, qui peut s’attacher à la diffusion des savoirs au plus grand nombre, tout autant qu’à l’expression d’une politique officielle. L’artiste reprend la forme discursive propre au Musée d’histoire, pour représenter les changements qui pourraient s’opérer dans la société russe au cours des vingt prochaines années.

Le Musée comme outil

Dans sa pratique Arseniy Zhilyaev s’inspire d’ A. Fedorov-Davydov,  un historien d’art qui a contribué à concevoir dans les années 1920 un dispositif d’exposition marxiste. En associant des artefacts issus de la culture populaire et élitiste, sans distinguer l’oeuvre originale de sa copie, le but n’était pas de présenter les objets pour eux-mêmes, mais pour ce qu’ils représentent et révèlent des mécanismes et des conflits sociaux que l’histoire de l’art souligne.
Considérant le musée comme un outil qui permettrait par l’accrochage de produire un discours éducatif ou de provoquer le débat, Arseniy Zhilyaev conçoit le musée M.I.R comme une fiction  «négative» et une projection de ce que la Russie pourrait devenir dans un avenir proche. De façon dialectique, il établit un parallèle entre la situation politique russe et celle de l’art contemporain. Il s’agit d’une auto-critique du rôle que l’art politique entend jouer dans le débat public, de son économie, et de sa «bureaucratisation». Dans ce musée fictif, Vladimir Poutin, représente la figure iconique de l’artiste-performeur ; le président russe propose d’échapper à l’obsession du monde de l’art contemporain de vouloir constamment produire du changement  :
« De nos jours, le seul réel changement encore possible dans l’art contemporain, est de renoncer à tout changement, déclare-t-il à October Journal »*.

Définir les frontières de la démocratie

Du temps où le musée soviétique était un espace très fréquenté, il jouait un rôle dans la création d’une nouvelle subjectivité. Dans son texte Politics of Installation, Boris Groys perçoit l’art comme faisant partie aujourd’hui de la culture de masse et y distingue deux figures, celle de l’artiste et du commissaire qui chacun dans sa pratique sélectionne, opère une série de choix, poursuivant une logique d’inclusions et d’exclusions d’objets. Mais selon Groys, l’artiste et le commissaire incarnent deux formes différentes de liberté : l’une souveraine, inconditionnelle de l’artiste, et l’autre institutionnelle, conditionnelle, et publiquement responsable du commissaire d’exposition.
Dans l’organisation démocratique contemporaine, l’artiste s’attacherait à révéler la dimension autoritaire que le politique s’emploie à cacher la plupart du temps. Car l’espace d’exposition est le lieu où nous sommes immédiatement confrontés à l’ambiguïté du concept contemporain de liberté, qui fonctionne dans nos sociétés démocratiques en tension entre une liberté souveraine et institutionnelle.
Pour Arseniy Zhilyaev, le recours à la parafiction et aux référents artistiques et politiques dans l’exposition, est une manière d’éprouver les frontières entre espace institutionnel et liberté individuelle, tout en croyant que l’existence d’une sphère publique non-institutionnelle forte est la condition sine qua non de l’émergence d’une démocratie forte.

* Comme il est mentionné dans un texte mural dans la deuxième salle du musée M.I.R.

Une publication accompagnera l’exposition,  contenant une introduction de Boris Groys et une interview de l’artiste avec Silvia Franceschini.

Un programme d’événements sera communiqué en janvier.

 

Arseniy Zhilyaev : M.I.R.: New paths to the objects

January 18 – March 30, 2014

Performance every Saturdays, from 5 to 6 pm
(except on January 18 and February 1, replaced by Sundays January 19 and February 2; and February 15, replaced by February 13 at 6 pm)
The dancers Jean Capeille and Olivia Lioret interpret Proposals for the Living Sculptures inside the Bolotnaya Battle Park Complex, co-choreographed with Arseniy Zhilyaev

Saturday, January 18 at 5 pm
Visit of the exhibition with Arseniy Zhilyaev
Saturday, March 17 at 5 pm
Guided tour of the exhibition

For his exhibition at Kadist Art Foundation, Arseniy Zhilyaev creates an anti-utopian museum of contemporary Russian history.  The title of the exhibition plays with the polysemous word ‘mir’  which in Russian means both ‘peace’ and ‘world’,  and could read as an acronym for ‘‘Museum of Russian History’’.  Arseniy Zhilyaev pursues his reflection on the Museum as an institution, and a legitimizing one at that, whose mission is to spread knowledge among a wide audience, as well as to express an official policy. The artist appropriates the discursive mode of a Museum of History to represent how Russian society could change during the next years.

The Museum as a tool

Arseniy Zhilyaev’s artistic practice is inspired by A. Fedorov-Davydov,  an art historian who contributed in his approach to the “experimental Marxist exhibition” that briefly dominated Soviet museum policy. The science of Marxist display has to reveal not self-sufficient and static objects, but the dynamic social processes of which they were part, with a pervasive awareness of the sociological conflicts underlying all art history, combining diverse artifacts — from “high” to “low” culture, ignoring the difference between original and copy, using folk culture, advertisement et al.
Considering the museum as a tool in which the goal of the display is to educate and to create a provocative discourse open to debate, the case of MIR designed by Arseniy Zhilyaev gives us an example of a critical and “negative” display, by depicting a projection of what could be Russia in a near future. Presented from a dialectical perspective, the display draws a parallel between the Russian political situation and the contemporary art field.
It is a didactic exercise of self-criticism against over-ambitious political art, the role of objects in its economy and its “bureaucratization”.
Thus, in this fictive Museum, Vladimir Putin, the President of Russia, is taken as a model for artistic performances, showing how he proposed to escape the obsessive tendency of producing permanent changes in the contemporary art world: «‘Nowadays the only real change that is possible in the contemporary art field is the renunciation of all change’, he declared in October Journal»*.

Defining the borders of democracy

At the time when Soviet museums were widely frequented, they played a role in producing new critical subjectivity. In his text Politics of Installation, Boris Groys analyses how art today is becoming a part of mass culture, in which he tries to differentiate two main figures: the artist and the curator who both demonstrate a certain selection, a certain chain of choices, a logic of inclusions and exclusions in the objects they choose to present to an audience. But according to Groys, ‘‘the artist and the curator embody, in a very conspicuous manner, […]  two different kinds of freedom: the sovereign, unconditional, politically non-partisan freedom of artistic self-expression, and the institutionalized, politically responsible freedom of curatorship.’’.

The artist would be the one who reveals the hidden sovereign dimension of the contemporary democratic order that politicians for the most part, try to conceal. In that sense, the installation space is where we are immediately confronted with the ambiguous character of the contemporary notion of freedom that functions in our democracies as a tension between sovereign and institutional freedom.
Having recourse to parafiction, making art and politics fields in parallel into a museal display, is a way for Arseniy Zhilyaev to test these borders between the sovereign and the institutionalized freedom based on the belief that a strong non-institutional public sphere is a precondition for the emergence of a strong democracy.

* As mentioned in a wall text in the room II of the ‘‘MIR’’ Museum.

A publication will accompany by the exhibition, with an introduction by Boris Groys and an interview with the artist by Siliva Franceschini.