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Beto Shwafaty, Renverser le regard. Remarques sur les fantômes de la richesse

Renverser le regard. Remarques sur les fantômes de la richesse

Présentation de Beto Shwafaty, résident de la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité » (ÉSAD – Grenoble), en discussion avec Katia Schneller et Simone Frangi.
(En anglais)

Le mercredi 24 mai 2017 dans les bureaux de KADIST – Paris, à 19h

Dans sa pratique, Beto Shwafaty interroge les liens existant entre modernité et colonialité tel qu’ils émergent dans les régimes visuels et les histoires anciennes et récentes d’Amérique latine.

Beto Shwafaty abordera ces questions en partant de son projet « Hablemos de Reparaciones » (2016) développé lors d’une résidence à Lugar a Dudas, à Cali en Colombie. Il reviendra sur sa vidéo « Afastando el Pueblo, Fantasmas de la Riqueza » (2016) produite pour ce projet et sur le dialogue qu’il y établit avec le mouvement cinématographique de la Pornomiseria, et plus particulièrement le film « Agarrando el pueblo » (« Les vampires de la pauvreté ») réalisé en 1977 par Luis Ospina et Carlos Mayolo.

En se reconnectant à la notion de Pornomiseria, Beto Schwafaty a réactualisé et renversé dans cette vidéo la proposition faite par Ospina et Mayolo. Il s’est intéressé aux représentations récentes présentant les pays d’Amérique latine comme des territoires florissants où il serait possible de faire fortune. Ces nouveaux régimes de représentation aplatissent l’importance des inégalités existantes et renforcent de vieux aspects du colonialisme avec une nouvelle esthétique. Les vieux mythes de la pauvreté se trouvent remplacés par les fantasmes de richesse et de développement.

Cette présentation fera émerger des questionnements liés à l’Amérique latine, aux approches post-coloniales, aux nouvelles rhétoriques sur le développement économique et le progrès social, sur lesquelles s’appuient les nouvelles vagues de populisme mondial et néo-colonial.

À propos des intervenants :

Né en 1977 et basé São Paulo, Beto Shwafaty produit des installations, vidéos et objets sculpturaux. Il s’intéresse notamment à la manière dont les épisodes historiques imprègnent les objets, les espaces et les structures socioculturelles.
En 2017, il participera à “Learning from Latin America”, PST Getty Foundation, Los Angeles et sera en résidence à Gasworks à Londres.

Basée sur l’interpolation de pratiques artistiques, curatoriales et théoriques, la plateforme de recherche “Pratiques d’hospitalité”, hébergée à l’ÉSAD – Grenoble , aborde la notion d’hospitalité comme un outil critique permettant d’interroger à nouveaux frais, dans une perspective post-nationale et non eurocentrique, les processus de subjectivation liés à la territorialité et, à partir de là, de repenser le rôle de la sexualité, du genre, de l’ethnicité et de la classe dans les phénomènes globaux de pouvoir et d’inégalité. En prenant pour horizon épistémique l’élaboration d’une éthique post-capitaliste, « Pratiques d’hospitalité » cherche à produire une réflexion adaptée aux conditions matérielles de l’existence géopolitique contemporaine.

Reversing the gaze. Note on the ghosts of wealth.

 

Talk by Beto Shwafaty, resident of the research platform “Pratiques d’hospitalité” (ESAD – Grenoble), in discussion with Katia Schneller and Simone Frangi.

(Held in English)

On Wednesday May 24th, 2017 at 7 pm in Kadist’s office, Paris.

 

Throughout his practice, Beto Shwafaty questions the existing links between modernity and coloniality and how they appear in visual regimes as well as in the recent and ancient histories of Latin America.

Beto Shwafaty will approach these questions starting with his project “Hablemos de Reparaciones” (2016) developed during his residency at Lugar a Dudas, in Cali, Colombia. He will present his video “Afastando el Pueblo, Fantasmas de la Riqueza” (2016) produced for this project in dialogue with the cinematographic movement of Pornomiseria, and particularly the movie “Agarrando el pueblo” (“The Vampires of Poverty”) directed in 1977 by Luis Ospina and Carlos Mayolo.

 

In reconnecting with the notion of Pornomiseria, Beto Schwafaty updated and reversed the statement made by Ospina and Mayolo. He focused on recent representations showing Latin American countries as flourishing territories where one can become rich. These new regimes of representation flatten the strong existing inequalities and reinforce old aspects of colonialism with a new aesthetic. Old myths of poverty are replaced by fantasies of wealth and development.

 

This talk will introduce questions related to Latin America, to post-colonial approaches, to new rhetorics of economic development and social progress, which the new waves of global and neo-colonial populism rely upon.

 

About the participants:

Born in 1977 and based in Sao Paulo, Beto Shwafaty produces installations, videos and sculptural objects. He is interested in how historical episodes pervade in objects, spaces, and sociocultural structures.

In 2017, he will participate in “Learning from Latin America”, PST Getty Foundation, Los Angeles and will be in residency at Gasworks, London.

 

Based on the interpolations of artistic, curatorial, and theoretical practices, the research platform “Pratiques d’hospitalité” (Practices of Hospitality), hosted at the ESAD – Grenoble art school, examines the notion of hospitality as a critical tool allowing to question in a post-national and non-Eurocentric perspective, the subjectivation processes linked to territoriality, and from there, rethink the role of sexuality, gender, ethnicity and social class within the global phenomena of power and inequality. Taking the elaboration of post-capitalist ethics as an epistemic horizon, “Pratiques d’hospitalité” seeks to produce a thinking adapted to the material conditions of contemporary geopolitical existence.