Exhibitions , Paris

Mario Garcia Torres, A Solo Exhibition

Lorsque j’ai rencontré l’artiste Oscar Neuestern pour la première fois, j’ai compris que les non-dits étaient aussi importants que les paroles. C’était en 1968. J’allais voir Neuestern de plus en plus fréquemment car j’étudiais alors l’intentionnalité. Une année plus tard, j’écrivais le seul article existant sur le travail de Neuestern ; cet article, publié à l’époque dans ARTnews, constitue le point de départ de la nouvelle exposition de Mario Garcia Torres.

La série de diapositives The Transparencies of the Non-Act traduit parfaitement l’obsession qu’Oscar Neuestern avait pour le vide. Alors que d’autres à l’époque s’orientaient prudemment vers une dématérialisation de l’oeuvre d’art, Neuestern était en avance sur son temps: il avait déjà bâti l’ensemble de sa carrière artistique sur l’absence. Cette oeuvre est la pièce centrale de « A Solo Exhibition » à Kadist Art Foundation.
Au travers de cet ensemble d’oeuvres, Mario Garcia Torres ne raconte pas seulement l’histoire d’une personne qui se serait perdue dans sa mémoire, mais également celle d’un effacement et d’un retrait. Les oeuvres July 2007, August 2007, An Undisclosed Month in 1953 ainsi que Monochronich Film on a Polychronic Story (toutes de 2007) associent l’idée d’absolu, défendue par Neuestern, à une démarche artistique liée au refus de la créativité, dans un rapport toujours important à la fiction.
J’imagine que Neuestern aurait été surpris de constater que ses pensées, bien qu’en continuel effacement, aient pu inspirer d’autres artistes et que ses retraits répétitifs puissent laisser des traces.

Kiki Kundry

* A l’occasion de cette exposition, la Fondation Kadist publie un livre conçu comme un projet accueillant une nouvelle oeuvre intitulée « Date Due » et des textes de Steve Rushton, Raimundas Malasauskas et Mario Garcia Torres.

When I met Oscar Neuestern for the first time, I understood that things that go undiscussed are in some ways equivalent to those that are talked about. It was sometimes during 1968. I started visiting Neuestern since I was interested at the time in intentionality. A year later, I published the only text that exists today on Neuestern’s work. That article published in ARTNews was the starting point for the new work by Mario Garcia Torres. The Transparencies on the Non-Act, perfectly reveals Oscar Neuestern’s obsession for the void. While others at the time would carefully move toward the dematerialisation of the work of art, Neuestern was a step ahead: he had built his entire artistic career on absence. This has become the central piece of Garcia Torres’s “A Solo Exhibition” at Kadist Art Foundation.

In this group of works Garcia Torres not only puts together the story of someone who lost himself in memory, but insinuates an extended history of erasure and withdrawal. July 2007, August 2007, An Undisclosed Month in 1953 as well as Monochronich Film on a Polychromic Story (all 2007) take Neuesterns’s ideas of the absolute towards a different approach of the refusal of creativity, while relativising its rapport with fiction. I imagine that Neuestern would have been very surprised to discover that his ever-forgetting thoughts became an inspiration for other artists and that his insistence on removal could actually leave revealing traces.

Kiki Kundry

*For this occasion, a publication ‘Date due’ will be published with texts by Steve Rushton, Raimundas Malasauskas and Mario Garcia Torres. (64 pages, edited by Kadist Art Foundation and published by Revolver.)