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Daniela Ortiz, (anti)colonial monuments+

Monuments (anti)coloniaux

Présentation de Daniela Ortiz, résidente à KADIST, en discussion avec Katia Schneller et Simone Frangi, coordinateur.rice.s de la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité » (ÉSAD – Grenoble).

Les monuments qui honorent les caractéristiques et les moments historiques de la violence coloniale ne sont pas seulement des vestiges du passé qui restent inertes dans l’espace public. Ils constituent également un outil permettant de maintenir les récits historiques qui renforcent le racisme institutionnel et structurel actuel.

Pendant la présentation, Daniela Ortiz abordera différents cas de monuments coloniaux, en s’intéressant à leur contexte social et historique, leur utilité politique, ainsi qu’aux moments au cours desquels ces monuments ont été attaqués, démolis ou retirés. Il s’agira ainsi de réfléchir à ces processus dans une perspective critique et de s’interroger sur la manière dont l’histoire (anti)coloniale peut être racontée dans un espace public.

Culture et colonialité dans le contexte français

Cette soirée est organisée dans le cadre du projet de recherche « You don’t need to be a voice for the voiceless, just pass the mic » mené par la plateforme de recherche« Pratiques d’hospitalité » à l’ÉSAD – Grenoble et financé par le Ministère de la Culture, en partenariat avec KADIST. Daniela Ortiz est la seconde artiste à être invitée pour le projet co-produit par KADIST « Not Fully Human, Not Human at All » développé sur trois ans par la commissaire d’exposition Nataša Petrešin-Bachelez.

Cette soirée sera suivie d’un deuxième événement le jeudi 10 janvier 2019 à KADIST – Paris au cours duquel Daniela Ortiz et les étudiants de l’ÉSAD Grenoble présenteront le projet élaboré dans le cadre de l’invitation par la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité » qui explore les notions de culture, de colonialisme et de racisme institutionnel dans le contexte français, avec comme point de départ les monuments dédiés à Jean-François Champollion.

À propos des participants :

À travers son travail, Daniela Ortiz (née à Cusco, Pérou en 1985, vit et travaille à Barcelone) vise à générer des récits visuels dans lesquels les concepts de nationalité, racialisation, classe sociale et genre sont explorés afin de réfléchir d’un point de vue sur les structures du pouvoir colonial, patriarcal et capitaliste. Ses projets et recherches récentes traitent du système de contrôle migratoire, de ses liens avec le colonialisme et de la structure légal créée par les institutions européennes pour infliger de la violence aux communautés racialisées et migrantes. Elle a également développé des projets sur la classe aisée péruvienne et sa relation d’exploitation aux travailleurs domestiques. Sa pratique artistique s’est récemment tournée vers un travail manuel et visuel, l’amenant à réaliser des pièces en céramique, des collages et à s’intéresser à des formats tels les livres d’enfants pour se distancier des esthétiques artistiques conceptuelles eurocentriques.

Parallèlement à sa pratique, elle est mère d’un enfant d’un an, donne des présentations, des ateliers, fait des recherches et participe à des discussions sur le système du contrôle migratoire européen et ses liens à la colonialité dans différents contextes.

Daniela Ortiz a exposé au Van Abbemuseum, Eindhoven, 2016; Museum of Modern Art, Varsovie, 2016; MACBA, Barcelone, 2015; Württembergischer Kunstverein, Stuttgart, 2015; Weltmuseum, Vienne, 2015; Jeu de Paume, Paris, 2014; MUAC, Mexico, 2014; Reina Sofía Museum, Madrid, 2014 et 80M2, Lima, 2012. Elle a participé à des expositions de groupes en Espagne, France, Etats-Unis, Pérou, Suède, Autriche, Romanie et République Tchèque. Elle a reçu le Guasch Coranty grant de l’université de Barcelone (2011) pour son projet Maids Rooms, une bourse de CIFO (2012) pour le projet Distinction et l’aide à la production BCN pour son projet NN15.518 réalisé en collaboration avec Xose Quiroga.

Basée sur l’interpolation de pratiques artistiques, curatoriales et théoriques, la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité », hébergée à l’ÉSAD – Grenoble , aborde la notion d’hospitalité comme un outil critique permettant d’interroger à nouveaux frais, dans une perspective post-nationale et non eurocentrique, les processus de subjectivation liés à la territorialité et, à partir de là, de repenser le rôle de la sexualité, du genre, de l’ethnicité et de la classe dans les phénomènes globaux de pouvoir et d’inégalité. En prenant pour horizon épistémique l’élaboration d’une éthique post-capitaliste, « Pratiques d’hospitalité » cherche à produire une réflexion adaptée aux conditions matérielles de l’existence géopolitique contemporaine.

(Anti)colonial monuments

Talk by Daniela Ortiz, resident at KADIST, in discussion with Katia Schneller and Simone Frangi, coordinators of the research platform “Pratiques d’hospitalité” (ÉSAD – Grenoble).

The monuments that honor characters and historical moments of colonial violence are not only vestiges of the past that remain inert in the public space, colonial monuments are also a tool to maintain historical narratives that reinforce the current institutional and structural racism.

During the talk, Daniela Ortiz will discuss various cases of colonial monuments, their social and historical context, their political utility, as well as the moments when these monuments have been attacked, demolished or removed, understanding in a critical way these processes and questioning how (anti)colonial history can be narrated in the public space.

This event is organized in the frame of the research project “You don’t need to be a voice for the voiceless, just pass the mic” led by the research platform “Pratiques d’hospitalité” at ÉSAD – Grenoble and funded by the Ministère de la Culture, in partnership with KADIST. Daniela Ortiz is the second artist invited for a commission as part of KADIST’s three-year project “Not Fully Human, Not Human at All”, curated by Nataša Petrešin-Bachelez.

Culture and Coloniality in the French context

This talk will be followed by a second event on Thursday January 10, 2019 at KADIST Art Foundation, during which Daniela Ortiz and the students of ÉSAD Grenoble will present the project they elaborated in the framework of the research platform “Pratiques d’hospitalité” on coloniality, institutional racism, extractivism and cultural appropriation in the French context, articulated around the case study of the monuments dedicated to Jean-François Champollion.

About the participants:

Through her work, Daniela Ortiz (born in Cusco, Peru in 1985, lives and works in Barcelona) aims to generate visual narratives in which the concepts of nationality, racialization, social class and gender are explored in order to critically understand structures of colonial, patriarchal and capitalist power. Her recent projects and research deal with the European migratory control system, its links to colonialism and the legal structure created by European institutions in order to inflict violence towards racialized and migrant communities. She has also developed projects about the Peruvian upper class and its exploitative relationship with domestic workers. Recently her artistic practice has turned back into visual and manual work, developing art pieces in ceramic, collage and in formats such as children books in order to take distance from Eurocentric conceptual art aesthetics.

Together with her artistic practice she is mother of a 1 year old, gives talks, workshops, does investigations and participates in discussions on Europe’s migratory control system and its ties to coloniality in different contexts.

Daniela Ortiz has exhibited at Van Abbemuseum, Eindhoven, 2016; Museum of Modern Art, Warsaw, 2016; MACBA, Barcelona, 2015; Württembergischer Kunstverein, Stuttgart, 2015; Weltmuseum, Vienna, 2015; Jeu de Paume, Paris, 2014; MUAC, Mexico, 2014; Reina Sofía Museum, Madrid, 2014 and 80M2, Lima, 2012 among others. She has participated in group exhibitions in Spain, France, the United States, Peru, Sweden, Austria, Romania and the Czech Republic. She has received the Guasch Coranty grant from the University of Barcelona (2011) for her project Maids Rooms, a grant by CIFO (2012) for the project Distinction and the BCN production grant for her project NN15.518 that she made in collaboration with Xose Quiroga.

Based on the interpolations of artistic, curatorial, and theoretical practices, the research platform “Pratiques d’hospitalité” (Practices of Hospitality), hosted at the ÉSAD – Grenoble, examines the notion of hospitality as a critical tool allowing to question, in a post-national and non-Eurocentric perspective, the subjectivation processes linked to territoriality, and from there, rethink the role of sexuality, gender, ethnicity and social class within the global phenomena of power and inequality. Taking the elaboration of post-capitalist ethics as an epistemic horizon, “Pratiques d’hospitalité” seeks to produce a thinking adapted to the material conditions of contemporary geopolitical existence.