Exhibitions , Paris

Like an Attali report, but different

Like an Attali report, but different

15 juin – 27 juillet, 2008

Commissaire d’exposition : Cosmin Costinas

Avec : Yael Bartana, Gregg Bordowitz, Heman Chong, Ciprian Muresan, Deimantas Narkevicius, Redza Piyadasa, Pushwagner, Anatoli Osmolovsky, Mona Vatamanu & Florin Tudor

Le Rapport Attali (ou Rapport de la  Commission pour la libération de la  croissance française), commandé par le président Sarkozy et publié il y a de  cela six mois, a provoqué toute une série de discussions, principalement confinées à la sphère publique française et concentrées sur ses propositions concrètes, visant à instaurer un modèle néo-libéral pour l’économie et la société française. Mais, étonnamment, le Rapport Attali constitue un texte intéressant, en particulier pour son introduction littéraire emphatique, qui constitue en soi l’une des premières instances majeures où le système néo- libéral est affirmé au-delà du discours plutôt discret sur les “réformes nécessaires” dans lequel il s’est insinué depuis les années 1980. Ce système est aujourd’hui considéré comme un paradigme historique concret, d’une ère révolutionnairement nouvelle, faisant du Rapport Attali un document significatif au regard des tentatives actuelles pour imaginer un récit dominant qui représenterait et organiserait l’étendue de notre système global.

Toutefois, cette exposition ne traite pas directement du Rapport Attali et ne constitue pas non plus un rapport en soi. Ce que l’exposition tente en revanche, c’est de présenter des fictions et des images, proposant une lecture de différents récits qui se sont chevauchés pendant ces dernières décennies dans notre pensée politique, à différentes périodes et en différents lieux. L’exposition se réfère à la désintégration de l’utopie communiste ainsi qu’à des images, passions, histoires et réactions qui ont accompagné ce processus ; elle aborde la rencontre de la fiction et de la pensée utopique des deux côtés du Rideau de fer ; évoque des processus d’exotisation et de construction des nations et prend en compte la formation de communautés de lutte et de résistance.
Mais les oeuvres ne pas que présenter ces récits de manière passive, elles les modifient et participent – même indirectement – à leur fabrication. L’exposition se joue à ce niveau d’interaction situé entre le récit (« story telling ») et l’imaginaire politique, un noeud qui cristallise le potentiel politique de l’art comme agent de représentation. Elle rassemble ces occurrences et ces positions, tantôt contradictoires, tantôt invraisemblables et parfois même engagées de manière passionnée et déterminée.

La référence au Rapport Attali sur l’état de la France, en tant qu’ancrage hautement spécifique et local, est utilisée en vue d’amener la discussion vers une perspective plus large, pour marquer les moments et les blocages – autant que les espaces d’articulation – qui ont contribué à la crise actuelle qui paralyse la possibilité d’imaginer un langage et un champ pour le politique.

L’exposition est accompagnée par les interventions d’écrivains et de critiques, ainsi que par un  programme de films qui fait écho à certaines idées présentes dans l’exposition, par le biais du langage cinématographique et de ses possibilités propres.

L’exposition est réalisée grâce au soutien de Plan B, Cluj ; OCA – Office for Contemporary Art Norway, Oslo; L’Ambassade Royale du Danemark à Paris; Lithuanian Institute, Vilnius.

Like an Attali report, but different

June 15 – July 27, 2008

Curator: Cosmin Costinas

With: Yael Bartana, Gregg Bordowitz, Heman Chong, Ciprian Muresan, Deimantas Narkevicius, Redza Piyadasa, Pushwagner, Anatoli Osmolovsky, Mona Vatamanu & Florin Tudor

The Attali Report (or the Report of the Commission for the Liberation of French Growth), commissioned by President Sarkozy, was published half a year ago, provoking a long series of discussions, mainly confined to the French public arena and mainly focused on the report’s concrete proposals, set to implement a neoliberal model for the French economy and society. But the Attali Report is a surprisingly interesting text, especially in its emphatic high brow literary introduction, being one of the first major instances where the neoliberal system is asserted beyond the rather discreet discourse of the “necessary reforms” through which it has insinuated itself since the eighties. It is now invested with the value of a concrete historical paradigm, of a describable era of revolutionary novelty, making the Attali Report a relevant document for the current attempts to imagine a dominant narrative representing and organizing the scope of our global system.

However, this exhibition is neither about the Attali Report nor is it a report itself. It does, nonetheless, try to unfold fictions and images that offer an insight on different narratives that have been overlapping for the past decades in our thinking of politics, at different times and in different localities. It refers to the disintegration of the communist utopia and some images, passions, stories and reactions that came along with this process; it visits the meeting of fiction and Utopian thinking on both sides of the Iron Curtain; it mentions some processes of exoticization and nation building; it acknowledges the formation of communities of struggle and resistance.

But the works don’t passively present such narratives, they alter them and participate – albeit indirectly – to their fabrication. The exhibition works at this point of interaction between story telling and political imagination, a knot that encapsulates the political potential of art as an agent of representation. It brings together these occurrences and positions, sometimes contradictory, sometimes doubtful and sometimes passionately engaged and determined.

The reference to the Attali report on the state of France, a highly specific and local anchor, is used to take the discussion into a wider perspective, to mark the moments and the blockages – as well as some parallel areas of articulation – that have contributed to the current crisis in the imagination of a language and a scope for politics.

The exhibition is accompanied by interventions of writers and critics and by a film program that reiterates a few lines of the exhibition, using the cinematic language and its potentials.

The exhibition is generously supported by Plan B, Cluj; OCA – Office for Contemporary Art Norway, Oslo; Royal Danish Embassy in Paris; Lithuanian Institute, Vilnius.