Exhibitions , Paris

This place you see has no size at all...

This place you see has no size at all…

4 décembre, 2009 – 7 février, 2010

Un projet de Jennifer Teets, réalisé suite à sa résidence à la Fondation.
Avec des oeuvres existantes et de nouvelles productions de : David Adamo, Mark Aerial Waller, Mariana Castillo Deball, Asli Cavusoglu, Alex Cecchetti, Kate Costello, France Fiction, Darius Miksys, Michael Portnoy, Tania Perez Cordova, Pietro Roccasalva, Alexander Waterman, Roger Worms et des textes de Mark von Schlegell

Madame, Monsieur,        
Tout ce que je m’apprête à vous raconter a commencé avec la vision d’un héron dans un arbre. C’était la fin d’une après-midi d’été dans le Jardin du Trocadéro du Parc de Saint-Cloud ? les livres racontent que c’était autrefois un labyrinthe ?, j’enterrais les ossements de Tom Ripley*. Tout autour, l’espace me faisait l’effet d’être sans réelles dimensions. Le paysage se profilait en courbes inhabituelles et, alors que je prenais un tournant, des allées et des corridors entrelacés se présentaient miraculeusement. Je ne voyais personne mais des voix indistinctes sortait des haies et je reconnaissais bientôt les paroles de quatorze personnes commençant à se confondre les unes avec les autres, comme s’il s’agissait d’un rituel.  

“This place you see has no size at all…” est une exposition qui repose sur l’idée que des mondes virtuels et parallèles servent de plateforme pour que l’art y prenne forme et figure. Le projet fut d’abord proposé comme l’adaptation d’un « jeu de réalité alternée ». Le 22 juillet 2009, des artistes étaient conviés à rejoindre un « scénario » se déroulant dans le Parc de Saint-Cloud aux abords de Paris. Bien qu’ils en fussent partie prenante, puisqu’ils l’avaient, d’une certaine manière, initié, ils ne connaissaient que peu de détails de ce scénario. Un guide de ce voyage temporel a alors été écrit en collaboration avec l’auteur de science-fiction Mark von Schlegell. Il mêlait indices, anecdotes et histoires en rapport au Parc de Saint-Cloud ainsi que les questions suivantes, qui permirent aux participants de catalyser leurs échanges et leurs réactions : Comment percevez-vous le présent ? Quel serait ce présent ? Quels sont ses éléments ? Quels sont ses protagonistes ? Quelles méthodes et quels outils utiliser pour y accéder ? Le guide suggéra une suite d’évènements en réponse et à l’intention de chacun des artistes participants, dans le but d’activer une oeuvre et un processus d’échanges.

Puzzles. Mouvement. Force fictive. Heuristiques. Espaces clos. A perte de vue. Un objet perdu. Incohérence. Impasse. Je trouvai au hasard de l’une des allées un homme qui se reposait sur un drap. Il étudiait l’univers à l’aide d’un planisphère. Il me dit qu’il était arrivé là à bord d’un ballon dirigeable pour produire un suaire, et que ce suaire était notre incarnation à tous, une fiction des plus étranges qui ne pourrait se matérialiser sous aucune des formes connues de l’art, même celle du canon de l’art conceptuel. Il portait une cape d’invisibilité qui semblait le protéger du monde physique. Elle lui porterait chance à coup sûr.

Structure collective hypothétique, événement privé, et désormais exposition, “This place you see has no size at all…” est un projet à la fois délocalisé et contextualisé. A la Fondation Kadist, des oeuvres nouvelles sont présentées avec des oeuvres existantes, ouvrant un espace d’interaction, de relation et d’interprétation au sein de la structure de l’exposition.

Cher lecteur, ce que je vous raconte est réel. Je crois au réel. Si nous n’avions pas d’expériences réelles, comment pourrions-nous rêver ?

* Tom Ripley est un personnage fictionnel dans une série de romans policiers par Patricia Highsmith.

Ce projet a été réalisé avec le soutien généreux de The Elephant Trust et de la Saison de la Turquie en France.
Nous remercions également chaleureusement Germana Innerhofer Jaulin.

This place you see has no size at all…

December 4, 2009 – February 7, 2010

A project curated by Jennifer Teets after her residency at Kadist Art Foundation, including new and existing works by: David Adamo, Mark Aerial Waller, Mariana Castillo Deball, Asli  Cavusoglu, Alex Cecchetti, Kate Costello, France Fiction, Darius Miksys, Michael Portnoy, Tania Perez Cordova, Pietro Roccasalva, Alexander Waterman, Roger Worms
Writings by Mark von Schlegell

Sir/Madam,
Everything I am about to tell you began with a sighting of a heron in a tree. There I was in the Jardin Trocadéro at the Parc de Saint-Cloud on a late summer afternoon, burying the bones of Tom Ripley, in what the history books told me was once a labyrinth. When I looked around, I noticed that the place had no size at all. In one instance, the landscape was unusually curvy and in another, intricate alleyways and corridors appeared miraculously as I turned corners.  Though I could see no one, a flurry of recombinant voices echoed from the hedges and the dialogues of fourteen characters began to take on the qualities of those around them, in a seemingly ritualistic order.

“This place you see has no size at all…” is an exhibition rooted in the possibility of virtual and parallel worlds as a viable platform for the production and consumption of art. Originally proposed as an out-of the box adaptation to an “alternate reality game”, on July 22, 2009, artists were convened from around the globe to partake in a “scenario” at the Parc de Saint-Cloud in Paris, of which they had little knowledge of, yet were immediate to its origin of initiation. In collaboration with sci-fi writer Mark von Schlegell, an abstract time-travel guide was scripted, combining clues, facts, and prompts around the peculiarities of the garden together with the singular questions: What could you perceive as the present? What would this present be? What are the elements of the present? Who are the members of the present? What methods and tools could be used to arrive here? The guide spawned a chain of events suggested by and created for each of the artists with the purpose of activating a work and a communication process.

Puzzles, motion, fictitious force, heuristics, chambres, a perte de vue, lost item, incoherency, the dead end. In one of the alleyways I found a man resting on a bed-sheet. He was surveying the universe with a planisphere. He told me he got there via an air balloon in order to produce a shroud, that this shroud was an embodiment of all of us. A fiction of the strangest kind that can’t be materialized in any known form of art including classical conceptualism. He held an invisibility cloak that somehow protected him from the world of visible matter.  It was sure to give him good fortune.

A hypothetical collective structure, a private happening, and now exhibition, “This place you see has no size at all…” is purportedly non site-specific; on the contrary it grapples with the objectives of context. At Kadist, newly commissioned works are paired together with existing works, prompting an array of interactions, relationships, and readings in the exhibition setting.   Dear reader, what I am telling you is real. I believe in real things. If we did not have real experiences, how would we have dreams?
This project has been realized with the generous support of The Elephant Trust and the Saison de la Turquie in France.
Special thanks to Germana Innerhofer Jaulin.